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L'actu de la myologie

Retrouvez chaque semaine une série d'articles collectés auprès de différentes sources d'informations.
Une attention particulière est portée aux publications scientifiques et médicales dans le domaine de la myologie et des maladies neuromusculaires. Chaque publication vous est présentée sous la forme d’une synthèse didactique reprenant les principaux points de l’article et les conclusions des auteurs. Le lien cliquable sur la référence vous renvoie vers le résumé en anglais disponible sur Pubmed.

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23/08/2010 - L’apport de l’imagerie par résonance magnétique dans le diagnostic des maladies neuromusculaires
L’imagerie par résonance magnétique (IRM) est une technique d'imagerie médicale qui permet d’obtenir des images en coupe ou en volume d'un organe ou d'une région du corps humain. Appliquée aux maladies neuromusculaires, elle permet non seulement de visualiser la distribution de la pathologie, mais aussi d’en comprendre mieux la physiopathologie.
Dans un article publié en mai 2010, des chercheurs français ont évalué l’intérêt de l'IRM dans le diagnostic des dystrophies musculaires et des myopathies inflammatoires idiopathiques, pour décrire la topographie de l'atteinte musculaire. L’IRM a été réalisée chez 4 patients ayant une dystrophie myotonique de type 1, chez 4 ayant une dystrophie myotonique de type 2, chez 11 ayant une myopathie des ceintures (dysferlinopathie, calpaïnopathie, sarcoglycanopathie, ou associée à des mutations de la fukutine), chez 3 ayant une dystrophie musculaire de Becker, et chez 9 ayant une myopathie inflammatoire (polymyosite, dermatomyosite ou myosite sporadique à corps d'inclusion). L'analyse des images T1 a permis de décrire les muscles les plus touchés et les muscles généralement épargnés pour chacune de ces maladies. L'examen du bassin, des cuisses et des muscles des jambes montre notamment des différences significatives entre ces différentes maladies neuromusculaires. Sur les images STIR, des hypersignaux étaient présents chez 62% des patients atteints de dystrophies musculaires. Cette étude a permis d’établir une topographie de l'atteinte musculaire spécifique pour chaque maladie musculaire.

Degardin A et coll. Morphologic imaging in muscular dystrophies and inflammatory myopathies. Skeletal Radiol. 2010 May 7. [Epub ahead of print]
23/08/2010 - Un effet bénéfique de l’éphédrine dans les syndromes myasthéniques congénitaux dus à des mutations dans Dok-7
Les syndromes myasthéniques congénitaux (SMC) sont des maladies rares caractérisés par un dysfonctionnement de la jonction neuromusculaire et se manifestant à la naissance ou, plus souvent, dans les premières années de vie, par des paralysies oculomotrices, des troubles de la déglutition ou des difficultés respiratoires. Des mutations dans le gène codant la protéine Dok-7, impliquée dans la formation de la jonction neuromusculaire, font partie des anomalies génétiques conduisant à un SMC.
Dans un article publié en mai 2010, une équipe a mené une étude prospective ouverte pour évaluer l’effet de l’éphédrine sur la force musculaire de 10 patients atteints de SMC dus à des mutations dans Dok-7. L’efficacité du traitement a été évaluée après 2, 6 et 8 mois en utilisant un test d’évaluation de la sévérité pour la myasthénie (QMG) et des mesures de la mobilité des patients. Les résultats montrent un effet bénéfique progressif du traitement au cours de la période d'évaluation avec une amélioration significative au test QMG (surtout au niveau des muscles proximaux) et une amélioration de la mobilité à 6 et 8 mois. Tous les patients ont ressenti une amélioration dans la pratique des activités de la vie quotidienne après 6 et 8 mois de traitement.
Ces travaux vont dans le sens d’une autre étude publiée en octobre 2009 par une équipe allemande et montrant un effet bénéfique de l’éphédrine sur la force musculaire de huit patients.

Lashley D et coll. Ephedrine treatment in congenital myasthenic syndrome due to mutations in DOK7. Neurology. 2010 May 11;74(19):1517-23.
23/08/2010 - Effet bénéfique de la vitamine D associée à un régime riche en calcium dans la myopathie de Duchenne
La dystrophie musculaire de Duchenne (DMD) est due à des mutations dans le gène DMD responsables d’un déficit en dystrophine et d’une dégénérescence musculaire progressive. Les garçons atteints de DMD présentent souvent une réduction de la masse osseuse et donc un risque accru de fractures et ce d’autant plus que les glucocorticoïdes classiquement utilisés pour réduire les phénomènes d’inflammation associés à la DMD, entrainent ce type d’effets secondaires sur le long terme.
Dans un article publié en mai 2010, des chercheurs italiens ont réalisé une étude prospective sur 33 garçons atteints de DMD pour évaluer les effets sur les os d'un traitement à base de calcifediol (vitamine D) associé à un régime riche en calcium (1g/jour = dose quotidienne recommandée). Les enfants sont restés en observation pendant un an puis ils ont reçu le traitement pendant 2 ans.
Alors que pendant l'année d'observation, la densité minérale osseuse a diminué chez tous les patients, celle-ci était significativement augmentée chez plus de 65% d’entre eux après 2 ans de calcifediol et d’une alimentation couvrant les besoins journaliers recommandés en calcium. Les analyses montrent que le métabolisme osseux (résorption/formation) a été normalisé chez la plupart des patients (78,8%). Enfin le nombre de fractures a été diminué de moitié pendant les 2 ans de traitement par rapport à l’année d’observation (2 contre 4). Le traitement n’a entraîné que des effets secondaires mineurs et rares.

Bianchi ML et coll. Low bone density and bone metabolism alterations in Duchenne muscular dystrophy: response to calcium and vitamin D treatment. Osteoporos Int. 2010 May 11. [Epub ahead of print]

23/08/2010 - Myopathie de Duchenne : La mauvaise régénération du tissu musculaire n’est pas due à une baisse du stock de cellules satellites
La myopathie de Duchenne (DMD), due à une mutation dans le gène de la dystrophine, entraîne une dégénérescence progressive des fibres musculaires squelettiques qui n’est pas compensée par une régénération suffisante du tissu musculaire. La régénération du tissu musculaire nécessite la prolifération des cellules satellites situées entre la membrane basale musculaire et le sarcolemme, leur propagation et leur différenciation ultérieure associée à l'expression de plusieurs protéines musculaires spécifiques.
Dans un article publié en mai 2010, des chercheurs allemands ont comparé le nombre de cellules satellites et les marqueurs de différenciation (Pax7, MyoD1, Myogénine) dans le muscle atteint de DMD à divers stades pathologiques et dans le muscle sain. Les résultats indiquent que le nombre de cellules satellites est élevé dans le muscle atteint de DMD en comparaison avec le muscle sain, et cela même à un stade avancé de dystrophie, ce qui suggère que l'épuisement du stock de cellules satellites n’est pas la cause principale de la mauvaise régénération du tissu musculaire. L'expression de la myogénine n’est corrélée ni avec la fibrose, ni avec l'âge.

Kottlors M et coll. Elevated satellite cell number in Duchenne muscular dystrophy. Cell Tissue Res. 2010 Jun;340(3):541-8. Epub 2010 May 15.
16/08/2010 - La dysferline interagit avec la tubuline et les microtubules dans le muscle squelettique de souris
Des mutations dans le gène DYSF codant la dysferline, une protéine transmembranaire impliquée dans la réparation des membranes des fibres musculaires, sont associées aux dystrophies musculaires des ceintures de type 2B (LGMD2B) et aux myopathies distales de type Miyoshi.
Dans un article publié en avril 2010, une équipe canadienne s’est intéressée au mode d’action et aux partenaires cellulaires de la dysferline. Leurs travaux ont permis de montrer chez la souris que l’alpha-tubuline, l’une des protéines constituant les microtubules, se lie à la dysferline de façon indépendante de la concentration en calcium dans les cellules musculaires. Des observations au microscope confocal ont révélé que la dysferline et l'alpha-tubuline co-localisent dans la région périnucléaire et dans des structures vésiculaires dans les myoblastes, ainsi que le long des microtubules dans les myotubes. Les auteurs situent le domaine d’interaction avec l’alpha tubuline au niveau des domaines C2A et C2B de la dysferline.

Azakir BA et coll. Dysferlin interacts with tubulin and microtubules in mouse skeletal muscle. PLoS One. 2010 Apr 12;5(4):e10122.
16/08/2010 - Un inhibiteur de la voie de signalisation des kinases c-Jun (JNK) prévient les troubles cardiaques dans les laminopathies chez la souris
Les laminopathies représentent un ensemble très hétérogène d’affections liées à des mutations du gène LMNA codant les lamines A/C, des protéines de l’enveloppe nucléaire. Certaines peuvent avoir un phénotype neuromusculaire telles que les formes dominantes et récessives de dystrophies musculaires de type Emery-Dreifuss (AD-EDMD), qu’une forme de myopathie des ceintures à transmission autosomique dominante de type 1B (LGMD 1B), ainsi qu’une forme autosomique récessive de maladie de Charcot-Marie-Tooth. Le cœur est souvent le siège d’une atteinte dégénérative donnant lieu le cas échéant à une cardiomyopathie dilatée et/ou à des troubles majeurs de la conduction avec risque de mort subite.
En se basant sur des travaux montrant une activation anormale des kinases ERK (pour extracellular signal-regulated kinase) et JNK (pour c-Jun N-terminal kinase) dans le cœur de souris modèles de laminopathies H222P/H222P, une équipe américaine a publié en avril 2010 le résultat d’une étude visant à tester l’effet du SP600125, un inhibiteur de la signalisation JNK sur la fonction cardiaque de ces souris. Le traitement administré par injection intrapéritonéale pendant une durée de huit semaines a permis d’inhiber la phosphorylation de JNK et a empêché l’augmentation de l'expression cardiaque du peptide natriurétique et de la myosine, contrairement à ce qui a été observé chez des souris ayant reçu un placebo. Le traitement a retardé l’apparition d’une dilatation du ventricule gauche et a empêché la baisse de la fraction d'éjection ainsi que le développement d’une fibrose cardiaque chez les souris traitées (des résultats similaires avaient été obtenus lors de précédentes études en inhibant la voie de signalisation de l’ERK cardiaque chez ces souris).
Ces résultats montrent un rôle de la voie des kinases JNK dans le développement des cardiomyopathies dues à des mutations dans le gène LMNA et font de son inhibition une potentielle option thérapeutique pour prévenir ou retarder ces cardiomyopathies.

Wu W et coll. Pharmacological inhibition of c-Jun N-terminal kinase signaling prevents cardiomyopathy caused by mutation in LMNA gene. Biochim Biophys Acta. 2010 Jul-Aug;1802(7-8):632-8. Epub 2010 Apr 11.
16/08/2010 - L’apport de l’IRM dans l’évaluation des neuropathies héréditaires
Les maladies de Charcot-Marie-Tooth (CMT) et les neuropathies motrices héréditaires (HMN) sont des pathologies très hétérogènes, tant au niveau clinique que génétique. Elles sont à l’origine d’un déficit progressif portant préférentiellement sur les muscles des extrémités (pieds, mains) et de troubles sensitifs d’intensité variable.
Dans un article publié en avril 2010, une équipe australienne a étudié l'utilité de l'IRM dans l'évaluation de la gravité de ces deux types de pathologies et a comparé cette technique avec le test musculaire manuel (MMT) classiquement utilisé. Les deux méthodes testées chez cinq patients atteints de HMN et chez deux patients atteints de CMT, ont montré une bonne corrélation. L'IRM s’est révélée utile pour évaluer l'étendue et la structure de l'atrophie musculaire, le remplacement des fibres musculaires par de la graisse ainsi que pour déterminer le niveau de dénervation des fibres musculaires. Les auteurs suggèrent d’utiliser l’IRM pour confirmer les résultats obtenus par MMT dans les CMT et les HMN.

Del Porto LA et coll. Correlation between muscle atrophy on MRI and manual strength testing in hereditary neuropathies. J Clin Neurosci. 2010 Jul;17(7):874-8. Epub 2010 Apr 15.
16/08/2010 - Dermatomyosites et polymyosites sont associées à un risque plus élevé de développer un cancer
Les myopathies inflammatoires (myosites) sont des affections neuromusculaires relativement fréquentes qui touchent essentiellement une population d’âge adulte. Ces maladies auto-immunes sont dues à un dérèglement du système immunitaire qui produit des auto-anticorps dirigés contre des constituants du muscle. Parmi elles, on distingue les polymyosites (PM), les dermatomyosites (DM) et les myosites à inclusions. Elles se traduisent par un déficit musculaire d’importance variable et des phénomènes systémiques d’intensité différente selon les cas.
Dans un article publié en avril 2010, des chercheurs taïwanais ont étudié le nombre de cancers développés entre 1997 et 2007 dans une cohorte taïwanaise de 1012 patients atteints de DM et de 643 patients atteints de PM sans antécédents de tumeurs malignes. Les chercheurs ont répertorié un total de 95 cancers (9,4%) chez les patients atteints de DM et de 33 cancers (4,4%) chez les patients atteints de PM ce qui est significativement plus élevé que le taux de cancers dans la population globale (environ 2%). La plupart des cancers ont été détectés dans la première année d'observation. Le risque de cancers diminuait avec le temps d'observation, mais est demeuré plus élevé que pour la population générale dans les deux groupes d'étude après 5 ans de suivi. Les DM sont associées à un risque élevé de cancers (notamment de cancers du nasopharynx et des poumons et des hémopathies malignes) dans toutes les catégories d’âges, alors que pour les PM le risque est surtout élevé chez les patients jeunes et diminue avec l'âge. Les auteurs recommandent donc une surveillance accrue et continue du développement de cancers une fois le diagnostic de DM ou de PM établi.

Chen YJ et coll. Cancer risks of dermatomyositis and polymyositis: a nationwide cohort study in Taiwan. Arthritis Res Ther. 2010;12(2):R70. Epub 2010 Apr 16.
16/08/2010 - Dystrophie musculaire de Duchenne : localisation et fonction de la protéine DNAJB2 dans le muscle squelettique
La dystrophie musculaire de Duchenne (DMD) est due à l’absence de dystrophine, une protéine rattachée à la membrane musculaire, codée par le gène DMD, et essentielle à l’intégrité de la membrane musculaire.
Des études antérieures ont montré que la protéine DNAJB2, un régulateur de la protéine chaperonne Hsp70, exprimée principalement dans les neurones était surexprimée dans le muscle squelettique humain en régénération. DNAJB2 joue un rôle dans la dégradation et l’évacuation des protéines via le système ubiquitine-protéasome, et sa surexpression dans des modèles de maladies neurodégénératives (atrophie musculaire spinobulbaire) induit une réduction des inclusions protéiques.
Dans un article publié en avril 2010, une équipe française de l’Institut de Myologie de Paris soutenue par l’AFM, s’est intéressée à la localisation et au rôle de DNAJB2 dans les muscles squelettiques, sains ou dystrophiques, chez l’homme et la souris. Les résultats montrent que DNAJB2 est exprimée non seulement dans les fibres musculaires de souris mdx et de patients atteints de DMD mais aussi au niveau de la jonction neuromusculaire post-synaptique chez les souris et les patients dystrophiques comme chez les contrôles sains. D’autre part, l'étude des biopsies de muscles de patients atteints par des myopathies entrainant la présence d’agrégats protéiques montre que DNAJB2 est localisée dans ces agrégats et dans des vacuoles.

Claeys KG et coll. DNAJB2 Expression in Normal and Diseased Human and Mouse Skeletal Muscle. Am J Pathol. 2010 Jun;176(6):2901-10. Epub 2010 Apr 15