Les enseignements du DIU évoluent-ils ?
Bien sûr, nous mettons chaque année les enseignements à jour. L’un des défis qui s’offrent à nous est bien d’intégrer les maladies récemment décrites, comme par exemple les nouvelles dystrophies, sans oublier les anciennes.
Pourquoi avez-vous cette année inauguré un dispositif de transmission en temps réel des cours avec l’île de la Réunion ?
L’idée était à la fois de développer le cours et d’ouvrir le DIU à d’autres personnes francophones habitant assez loin de Paris. Ce dispositif permet aux étudiants d’assister toute l’année aux cours et de ne venir à Paris que pour l’examen. Le choix de l’île de la Réunion s’est imposé à nous parce qu’il y avait un fort intérêt de leur part, mais aussi parce qu’il n’y a que peu de décalage horaire, ce qui rendait a priori l’organisation plus simple.
Et du point de vue technique ?
C’était un peu l’innovation dans la souffrance ! Nous avons eu plusieurs problèmes techniques : l’image passait bien mais c’était plus aléatoire pour le son qui n’était pas toujours très bon et parfois même déconnecté. En dehors de ces difficultés, les étudiants étaient contents de pouvoir échanger directement avec les intervenants.
Souhaiteriez-vous étendre ce dispositif à d’autres pays francophone ?
Tout à fait, c’est très intéressant, on peut par exemple penser aux Antilles ou à la Polynésie. Mais il faut d’abord résoudre les questions techniques de la transmission. Et aussi réfléchir aux moyens de réaliser un cours en gardant la précieuse possibilité d’échanger, malgré le décalage horaire.
Le Dr Meryem Benahmed est médecin anatomopathologiste au Centre anticancéreux d’Alger (Algérie). Elle a décidé de suivre le DIU pour comprendre les tenants et les aboutissants des pathologies en dehors du diagnostic. Mais aussi parce qu’il est question d’ouvrir un service d’histopathologie dans ce même centre et que son stage chez Norma B. Romero lui permet d’affiner encore ses compétences pour le diagnostic des MNM.
Le Dr Stéphane Doutreleau est cardiologue au Centre de référence des maladies neuromusculaires d'origine génétique de l'enfant et de l'adulte du CHU de Strasbourg, chez le Dr. Andoni Echaniz-Laguna. Il y pratique des explorations fonctionnelles respiratoires et cardiaques à l’effort chez des patients atteints de myopathies avérées et chez des personnes intolérantes à l’effort. Il a choisi de suivre le DIU de myologie pour mieux connaître les MNM. Au cours de son mémoire, il démontrera l’intérêt des explorations à l’effort dans les myopathies métaboliques via un système de mesure des échanges gazeux.
17 étudiants se sont inscrits dont 5 de l'île de la Réunion. Professionnellement, ils sont en majorité des neurologues et neuropédiatres, 3 exercent la médecine physique de réadaptation, 4 la physiologie et les explorations fonctionnelles (cardio, EMG, EFR), un est anatomopathologiste et un est interniste. Ils sont originaires de Strasbourg, Saint-Brieuc, Marseille, Pitié-Salpêtrière et de l'Ile de la Réunion.
Juin 2010
Propos recueillis par Anne Berthomier